Quelle “prime de survaleur” apportent les sportifs lorsqu’ils investissent dans une société ?
L’entrée de Kylian Mbappé au capital de Alan a récemment remis en lumière une question récurrente en évaluation financière : La présence d’un investisseur “star” justifie-t-elle une valorisation plus élevée ?
Derrière cette interrogation se cache en réalité une confusion fréquente entre deux notions fondamentales : la valeur et le prix.
Valeur d’entreprise : une approche fondée sur les fondamentaux
La valorisation d’une entreprise repose sur des éléments objectifs et modélisables :
les flux de trésorerie futurs (DCF),
le niveau de risque (WACC),
les hypothèses opérationnelles (croissance, marges, investissements).
Par principe, la notoriété d’un investisseur — sportif ou non — n’a aucun impact direct sur la valeur intrinsèque.
Sans effet mesurable sur ces paramètres :
la prime de valorisation est nulle.
Quand une “prime sportif” peut-elle réellement exister ?
Une survaleur peut exister uniquement si l’investisseur génère un impact économique tangible et quantifiable.
Exemples :
augmentation du chiffre d’affaires (effet d’image ou de notoriété),
baisse du coût d’acquisition client (CAC),
accès à un réseau ou à des opportunités commerciales,
amélioration du profil de risque (effet de signal pour les investisseurs).
Dans ces cas, la création de valeur doit être intégrée dans le business plan :
hausse des revenus,
amélioration des marges,
ajustement du taux d’actualisation.
La prime n’est pas “ajoutée” : elle est modélisée.
Le cas le plus fréquent : une prime de perception (et non de valeur)
Dans la majorité des opérations, l’effet observé est différent : il s’agit d’une prime de perception.
La présence d’un investisseur médiatique génère :
une visibilité accrue,
une attractivité renforcée,
un effet de storytelling facilitant la levée de fonds.
Mais :
❌ ces éléments ne garantissent pas une amélioration des cash flows
❌ ils ne modifient pas nécessairement le risque fondamental
Ils influencent donc principalement le prix payé par les investisseurs, et non la valeur économique réelle.
Valorisation vs prix : une distinction clé pour les dirigeants
Cette distinction est essentielle dans plusieurs contextes :
levée de fonds,
cession d’entreprise,
management package (BSPCE, actions gratuites),
opérations de restructuration.
Une valorisation élevée liée à un effet “image” peut :
être difficilement défendable fiscalement,
créer un décalage avec la performance future,
complexifier les tours de financement suivants.
Ce que fait un évaluateur financier
Le rôle d’un cabinet d’évaluation est précisément de :
distinguer création de valeur réelle vs perception marché,
objectiver les hypothèses,
modéliser uniquement les impacts mesurables.
L’objectif : produire une valorisation robuste, justifiable et défendable (transactionnel, fiscal, management package).
Conclusion : une prime rarement économique
La “prime sportif” est largement surestimée.
Dans la majorité des cas, il ne s’agit pas d’une prime de valorisation au sens financier,
mais d’une prime de perception influençant le prix de transaction.
Et en évaluation :
la valeur se modélise,
le prix se négocie.
Besoin d’une valorisation fiable et défendable ?
Soqio Évaluation est un cabinet de conseil spécialisé en évaluation financière, accompagnant dirigeants, investisseurs et conseils sur des problématiques de valorisation de titres, d’actifs et de management packages.
Nous proposons des analyses rigoureuses, rapides et défendables, adaptées aux contextes transactionnels, fiscaux et internationaux.