French Tech 2030 : 80 deeptech à suivre, et une valeur qui repose sur l’immatériel

Le 16 octobre 2026, la Mission French Tech a dévoilé la troisième promotion de French Tech 2030 : 80 start-up deeptech, dont 33 nouvelles venues. Leur point commun : une valeur portée d’abord par des brevets, de la R&D et des équipes de chercheurs, bien avant le chiffre d’affaires.

Une promotion tournée vers les technologies critiques

Le spatial arrive en tête, devant l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la santé. Le programme vise des technologies de rupture, souvent issues de la recherche, que l’État veut voir conçues et produites en France.

Lauréats par secteur
Spatial13
Intelligence artificielle11
Semi-conducteurs11
Santé11
Cybersécurité10
Énergie et décarbonation10
Robotique8
Quantique6

La promotion réunit 44 entreprises reconduites de 2025, 3 anciennes lauréates de la première promotion et 33 nouveaux entrants. Pendant un an, elles bénéficient d’un accompagnement de la Mission French Tech : financement, développement commercial, international, recrutement et propriété intellectuelle.

Six lauréats en Région Sud

Près de la moitié des lauréats sont installés hors Île-de-France, et la Région Sud en compte six, surtout dans l’énergie.

Hexana

Énergie et décarbonation

Petits réacteurs nucléaires couplés à un stockage d’énergie, pour une chaleur et une électricité bas carbone

Wise Integration

Semi-conducteurs

Chargeurs plus compacts et moins énergivores pour les centres de données, l’industrie et l’automobile

Kiro

Santé

Intelligence artificielle d’aide à l’interprétation des analyses de biologie médicale

Orus

Spatial

Satellites d’observation de la Terre, premier lancement prévu en 2027 (Sophia Antipolis)

Blue Capsule

Énergie et décarbonation

Réacteur nucléaire compact refroidi au sodium, pour fournir de la chaleur haute température à l’industrie (Aix-en-Provence)

Otrera

Énergie et décarbonation

Petits réacteurs nucléaires (Aix-en-Provence)

Membres de La French Tech Aix-Marseille Région Sud, nous adressons nos félicitations à ces six équipes.

Les chiffres de la promotion

Ces 80 entreprises ont levé 1,5 milliard d’euros depuis leur création. Leur actif le plus précieux reste pourtant ce qu’aucun bilan ne reflète entièrement : la propriété intellectuelle et la capacité de recherche.

1,5 Md€levés depuis la création
842brevets déposés
211 M€de dépenses de R&D en 2025
23 + 23usines en activité et en projet
≈ 4 000emplois en France
60 %issus de la recherche publique ou y collaborant
79 %ont une activité à l’international
Source : Mission French Tech, dossier de presse, octobre 2026

Notre lecture : évaluer une deeptech demande d’autres outils

Une deeptech se valorise sur un potentiel, pas sur un historique. Chiffre d’affaires faible ou nul, cycles de développement longs, risque technologique élevé : les méthodes classiques, multiples d’EBITDA ou DCF sur des flux stables, trouvent vite leurs limites.

Trois situations reviennent dans ces dossiers :

01

Le prix d’exercice des BSPCE

Une deeptech recrute des profils rares et les intègre par des BSPCE. Le prix d’exercice doit s’appuyer sur une évaluation récente, en tenant compte des droits attachés aux actions de préférence des investisseurs, par exemple au moyen d’une allocation de type OPM.

Management package →
02

La valeur des brevets et de la technologie

Lors d’un apport, d’une licence ou d’une opération de capital, la propriété intellectuelle doit être chiffrée séparément, souvent par la méthode des redevances.

Évaluation des actifs immatériels →
03

L’entrée d’un investisseur

Le dernier tour de table donne un repère, pas une vérité. Il faut le relire à la lumière des scénarios de développement et des probabilités de succès de chaque étape.

Levée de fonds →
Dans tous les cas, le rapport doit documenter ses hypothèses pour tenir face à l’administration fiscale, aux auditeurs et aux investisseurs.
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